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HISTOrill

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FRANCE,

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HISTOIRE

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FRANCE

DEPUIS l'Etablissement de la

Mon AKCHiE jusqu'au rbgnb

DE Louis XIF.

Par M. TAbbé Velly.

TOME SEPTIEME.

Le prix , ; Uv» relié»

A PARIS.

Chez Desaint et Saillant , rue Saint

Jean de Beauvais, vis-à-vis le

Collège*

M. DCC. LX. Avec Approbation & PtiviUgc du:,JB.i?h

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HISTOIRE

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PHILIPPE IV,

furnommi U BtU

A maj.e|té da trône foutenue Ana. xi8<;.

avec gloire contre des vaf- j,H^»o--«

faux également fiers &c puif- Rhcims.

fans 'y une nouvelle Pairie érigée dans la France ^ le Tiers-étac admis aux affemblées de la nation ^ la Juftice Souveraine régulièrement ad-, jniniftrée deux fois Tan , à, Paris y i Kouen , à Troyes j les entreprifes de Rome réprimées avec éclat j les duels abolis pour toujours en matière civile ; l'ordre dès Templier^ eiiterminé dans Tom^ y IL A

% Histoire pe France ,

toute la chrétienté j la ville de Lyo . réunie à la couronne , donc elle étoiJ| féparée depuis environ quatre cena ans ; les apanages reftraints aux fejolj héritiers mâles j tels font les événei! ments principaux, qui rendent à jamaii célèbre le règne de Philippe IV. On Ta furnommé le Bel à. caufe de la beautd de fon vifage , des charmes de fd perfonne , ôc des grâces qui accom<»! pagnoient toutes fes aébions* Il avoir luivi le roi fon père dans l'expédition de la Catalogne ; il reçut fes derniers foupirs à Perpignan, Auffirôcil prit le commandement de Tarmée , qu il ra- mena dans le Carcadez , il fit quel- que féjour , pour donner ordre aux affaires du royaume. Pierre de Mont- brun , archevêaue de Narbonne, &C Gui de Levis , leigneur de Mirepoix , furent nommés pour aller recevoir en fon nom , le ferment de fidélité de la noblefle 9 du clergé , & des commu- nes de Touloufe , de Carcafibnne 3 de Beaucaire Se de Rouergue. Les lettres expédiées pour cette commif- fion , étoient fcellées du fceau dont il fe fervôit avant fon avènement (rône : c'eft , comme il le marque lui* luème dans cette charte , qu'il n'avoii

Philippe IV. j

J>as encore eu le tems de faire fabri- quer un fceau royal. Delà il fe rendit à Rheims, il fut facré avec la reine ,.*p!' 47 /**""* fon cpoufe par les mains de Pierre Barbet , archevêque de cette illuftre niécfdpole. Il avoir environ di&-rèpt ans: ^e peu propfje en apparence pour Texécution des grands projets du feu foi : il eut cependant le courage ïde^ les embraflèr tous. Il entreprit tout i la fois de faire valoir la donation de Rome en faveur du comte de Valois fon frère j de forcer le roi de Caftille à reftituer aux princes de la Cerda ^ un fceotre qu'il avoir ufurpé fur eux ; enfin de contraindre les rebelles de Sicile à rentrer fous Tobéiflance de kt maifon d'Anjou : mais le fuccès ne té* pondit point à fon attente.

Dom Pedre devenu maître de la Mon du roi campagne par la retraite des François , ^' Aragon, eut bientôt repris ce qu'on lui avoir enlevé. Girone inveftie de tous côtés , Marîan.tom. battue .par toutes les machines alors ^9.^* '*' **' ufitées , fans aucune efpérance de fe* Ferrera». toiTu cours , capitula , & fe rendit à condi-l^/j?",* ^* tion que ta gatnifon atnroit la liberté de fe retirer en France. Peiralade , Figueire , Caftillon , & toutes les au- xx^$ places conquifes par le feu roi^

A i j

4 HisTomE France ,' fubirent le même fort. L'ifle de .Ma- jorque enfin fut prife fur D. Jayme , 2ui en voulant reconquérir fon comté e RoufliUon , perdit la partie de fes domaines qui lui donnoit le titre de roi. Le monarque Efpagnoi , animé par ce fuccès , prétendoit profiter du moment la fortune recommençoit à lui devenir favorable. Déjà il for- moit de grands projets contre fon frère , & contre la njâifon de France , lorfque la mort vint inietrompre fes defleins , & fit échouer en un inftant Us vaftes entœprifes qu'il méditoit. On dit qu'il mourut d'une débauche , n'ayant pu modérer , jufqu'â l'entière guérifon de fa bleflure , la pafHon qu'il avoic pour une maîcrede. On lui fie jurer que fi le ciel prolongeoit fes Jours 5 il feroit obéiflant au faine liège : furquoi l'archevêque de Tarra- gone lui donna une ample abfolution 4e toutes les cexifures dont Rome l'a*- voit accablé : ce qui marque , ou peu de foi à ces anathemes , ou beaucoup d'inconféquence dans la conduite. On ne fçait que trop ce qu'on doit penfec de ces fortes de promeffès , qu'arrache la vue du tombeau , qu'on fe garde-j ^oit bien de faire en fanté. !

Depuis bien des années , TEurope Mont^cU iî*avoit point vu tomber en fi peu de g^^^kc fbm- tems un fi grand nombre de têtes cou-» nie de faint rohnces. Hugues de Lufignan. roi de ^^""' Chypre , qui fe difoit aufli roi de Jeru- falem , mourut le premier (a) : il fut fuivi d'Alfonfe X roi de Caftille &^ de Léon (t) y de Charles d'Anjou roi de Sicile (c) y du Pape Martin IV (d) , de Philippe le Hardi , roi de France (^) , de D. Pedre roi d'Araçon (/) , de ' Philippe comte de Savoie (g) , & de Marguerite de Provente , reine de France , ayeule du Roi régnant , ëpou- fe de faint Louis (A) : c'ctoit une des belles femmes de fon tems , plus fage encore que belle ; d'une fi grande ré- putation d efprit , de prudence , Se d'é- quité, que les empereurs & les rois la choinrent pour arbitre & jugé de leurs différends «vec leurs va(Tàux (i). On allure que le roi fon mari prenoic fes avis en tout : elle les lui donnoit , Abrég.chron. dit Mezeray , avec fagelfe , fans paf-^^""^^ ^**

(d) Le i6 Mars 1184. (^) ^^ 4 Avril 1184. (<) le 7 Janvier xi8^. (d) Lex8 Mars ii8f. ( ) Le ^ Oâobrc ii8f. (/) Le II Novembre 118$. (g) Le'i7Novein« bre ii8y. {h) Le 10 lJ?cembre ii8f.

(i) L*an 1164. le roi d'Angleterre fe foumic à fon arbitrage dans les démêlés qu'il eut avec le iire de Pons : exemple qui fut imité par l'empereur Rodolphe ca ii8i,

A uj

'6 Histoire Frawcë J

Son y 8c tels que fôuvenc ils croient

fuivis. Elle vécut foixante-feize ans ^

ôc mourut à Paris dans un couvent de

Corddiéres qu'elle avoit fondé au

Fauxbourg iàint Marceau : ce fut fon

féjour* ordinaire pendant les quinze

années de fbn veuvage.

leiArago- Le moBarque Aragonois avoIt qua-

^^^: t ^e fik , D. Alfonfe D Jayme . D.

les côces de Fredeuc , D. Peote : il laifla au pre-

la Province, ^^j^ ^^^ ^^ i^^^ d'Efpagne : il

ikinna au fécond toutes fes pofièffions d'Italie* Si Aifonfe vient à mourir fans enfants 3 il rappelle D. Jayme en Ara* gon , veut que D. Frederrc lui fuccéde au rrone Sicilien : ce qui fut fcrupuleu- lement exécuté. Les deux aînés étoienc tl peine couronnés , Tun à SarragoUe , lamce i Palerme , qu'ils armèrent puiflàmmenr par terre 6c par mer y pour fe défendre , n^n contre les fou- dres de Rome , leur maifon étoit ac- coutumée à les méprifer , mais contre les encreprifes; des François y qui leur paro4f{bient autrement redoutables. Biexuot Ja Province vit paroître le lÀjntanchron. fameux Roger Doria , le flambeau

«tels rcys d'A- - °* r i

«ag. «. 151. d mie mam , le fer de 1 autre , mettant -tout à feu & à fang. Ce fut en vaii> que trente mille hommes de pied £c

P H I L 1 P P E I V. 7

trois çenrs chevaux raflemblés a I4 hâte > eflayérent d arrêter ce, torreaf impétueux : il renveif^ roue ce qi)i f^ trouva fur Ton paflàge. Une pajrtie cette axmçe eil caillée en pièces : rau*;^ tre obligée de prendre la fuite , eft poirrfuivie jusqu'à une dew lieiiç de Beziers. Le châreau de Serignaii devient la proie des âdmn:kçs > & Is; vainqueur le rembarque chargé de ri- ches dépouilles. Le lendeo^in iil fe fait voir à L'embouchure de TEr^ut , fe rend maître de toutes les barques qu'il rencontre y met pied à terre , S>c partage fes troupes en deux cprps. L'un qu'il commande eil petfonae , pren4 /\gde d'aâaut ^ pa(fe au fil de l'épé^ tous le^ habitants depuis l'âge dei qqkpif ze ans jusqu'à foixante< , pardon^i^ 4 tous les autres y ainfi qu'aux fem^ies & aux enfants 9 brûle la ville , ^ nfé-r pargne qu/e la cathçdral^ &c l'évêçhé. L'autre s'avance, du cqté 4f Vias ^ qiîji eft emporté l'épée à U m»in ,. & Uvrj au pillage» Les cotmmi^nje^ de. S, Thi-r ben , de Loupian > de <3igean , fe raffèmblent à cette nouvelle , 8c vo- lent au fecours de leurs cQUcitoyens : ils font attaqués , défaite , contraints de fe retirer avec perte de quatre millç . " A iv

"9 Histoire m FraïIcï , hommes. Delà le terrible Amiral fait voile , d'abord vers Aiguës- mortes , il s'empare de toas les bâtiments qai font au port , enfuite vers Leu- cate ^ il £e faifit de vingt vaiiTeaux chargés de marchandifes ^ pitis vers Narbonne> il commet d'horribles ravages ; & rentre enfin dans le port de Barcelone ^ comblé de gloire & de richeffeff. An. 1187-88. Philippe fouflfroit impatiemment tes Françoîj qà»mi fom pIus ptellànt Fempcchât ravagent^** le o aller lui-même prendre fa revanche : Laoïpoiirdan.jl engagea le roi de Majorque, fon allié , â porter la guerre jufques dans le fein de la Catalogne. Dom Jacyme y étoit excité par un intérêt perlon- nel : le monarqiie Efpagnol venoit de lui enlever le fceptre & la couronne. Le reflèntîment lui fit embraflèr avec joie , Toccafion apparente de ft ven- zurit. Annal, ger. Auflî-tôt il met eh marche , Ittivi de ta principale nobleflè du Carcaflez , franchit le pallâge des Py- rénées , s'empare d'ime partie du Lam- pourdan , lai(Iè par-tout des marques de fa foreur , & vient inveftir Caftil- lon. Mais fur la nouvelle que îe roi d*Aragon s*avançoit à la tête d'un corps d'armée , il fe retira avec pré^

P H I I I P P.E IV. 5

tîpîtatlon f en bon ordre cependant ^ & repalTa dans le Rouflillon. Alfoni^e à fon tour répand Tallarme fur nos frontières : il n'ofe pas néanmoins entreprendre d'y pénétrer. La fiére contenance des communes de Nar- . bonne , qui avoient pris les armes . fous les ordres du fils aine de leur vicomte , l'oblige de retourner fur fes pas. Il étoit à peine rentré dans fa capitale , que le roi fon oncle reparut dans le Lampourdan , il ht de nouveaux ravages. Cortavignon fut n^m inf. affiéçé , Se vivement preflc. Déjà la ''' *^' garnifon médicoit de capituler , lorf- qu'un corps de troupes fupérieur à ce- lui de D. Jayme , le contraignit de donner fes ordres pour la retraite. Ceft tout ce qu'on Içait de cette ex- pédition , qu'on doit plutôt regarder comme une excuriion , que comme une guerre réglée.

On rapporte à même tems un fait vtêtenda très-fineulier > c'eft que dans le comté mariage pour

Isa ^ / \ M /•' r I !• fcpt 30$.

dÂrmaenac (<i), il fe fit publiquement Extrait du ya^ un mariage pour fept ans entre deux lfni*"tom^k^: pecfonnes nobles , qui, ce terme expiré, p- ^^^' *^ fe téfervoient la liberté de le prolôiv ger , s'ils s'accommodoient Tun de^

HisTomi DB Franct j l'autre. Le contrat porte , a|oute-t-c que fi les deux époux viennenr à fe parer , ils partageront également moitié par moitié tous les enfants c feront provenus de ctxte union fept< naire : fi par hazard le rK>mbre s trouve impair , ils tireront au forr qui des^ deux le furnun>éraire appî tiendra. C'eft: grand dommage ami ment , que de Varillas foit le A

tarant d'une fait fi peu vraifemb le dans un fiécle déjà éclairé» Or cherché inutilement ce contrat di la bibliothèque du roi , ou Ton afïî qu'il exifte : te fçavant Académici qui a la garde des manufcrits, n'er ^aucune connc^fTance : quand même le fiippoferoit réel , ce feroit moi preuve d'un ufage y qu'un mon ment de libertinage»

On ne fçauroit être trop en gai contre ces iortes d'anecdotes , qui : dttifent d'autant plus aifément > que coeur de f homme eft plus enclin â malignité. On tit dans un écrive également fatyrique ôc paffionné , ç ^ CMfrtge des Que le cauou diUSUfflmis , en exhord

levants, ami. ?. . i rr»

1637. p. 167. à la pratique de cet axiome , Tout

^ commun entre amis y n'en excepte |

même les femmes : que Tadulcére

P H X 1 1 p p s IV. I r

la fornication , fuivanc lauteur 4e I4 glofe , font de légers péchés ^ qu< U^ François appellent bonnes fortunes ; , qu'un Pape enfin , Sixte IV , folUçité de permeccre le péché infâme pen^anf les crois mois les plas chaud» de i'ai>o née , mit au bas deU recjuète xfoitfait , ainfiqu^il efi requis. On fa^fit avidement ces hiftoriettes fca^daleufes \ elles fa^ vorifenc la dépravation des jnœurs ; on oublie qu elles pèchent contre tout^ vraifemblance , & qu'elles font prefqq^ coûtes contraires à la vérité, ie treizié^ me iîecle y il eft vr^i , fut fouillé d^ mille défordres , qui régnèrent mêa)^ dans les fuivants. On voit par les aâ;e$ du concile' de Virsbourg y qui fui lenu concri. tom* en 1x87 , qu alors les écléfiaftiquéi ^îu^hiV.^ gardoient peu de modeftie dans leurs ^^^' Germ.*

•'a r ' f 1 Mcibora. ton».

vêtements», rrequentoient les caba^t.p.i7s< 7^* i:ets y joutoient aux tQurnQis » entre- tenoient publiquement des concubin nés. On apprend d'un autre concile célébré à Rouen en 1199 > que les curés & autres bénéfiâers paroiflbient en public avec des habits courts & lëpee au cot^ ; qu'ils retiroient cbes eux des femmes j(ufpeâ;es : qu'ils exer^ çoient des charges dans ks |uftices léculiéres ; qu'ils prètoiçnt à ufure >

Avj

12 HiSTomi M Frakctb , enfin qu'ils vivoient dans la débaiicî & les excès de la table. Il eft rappor dani Içs annales des Comtes d'Olden bourg , qu'en certains dioccfes , h Officiaux , pour une fomme d*argeat permettbient Tadultére pendant toui une année ; qu'en d autres endroits le fornicateur en étoit quitte poi une quarte de vin , taxe qui ne d( voit finir qu'avec- la vie. Une fo infcrit fur le regiftre , il falloir cent nuer de payer à perpétuité , quoiqu'o ne voulut plus , ou qu'on lie fik pli en état de pécher. Mais parce qu il J trouve de nos jours quelques prêtre intcrefles ^ libertins > fanatiques ju! q|u'au fcandale ; parce qu'une jeune fl licencieufe viole fans pudeur toutes le loix de rhonnêteté^ parce que des ma ris fans principe comme fans mœurs oubliant leur devoir , leur fortune jeur honneur , entretiennent publique ment des femmes dont aucun homm* ilé bien n'a jamais loué que la figun ^ & les talents : faudra-e'il en conclure ou que l'Eglife permet ces excès^, oi que les loix civiles les autorifent ? Ann. iis^. Alors le païs de Liège fat le trift< Bataille ga- théâtre d'une fanglante bataille éntri fàïrafif^gc^® duc de Brabanr & le comte d<

Philippe IV. îif

Luxembourg , qui difputoient la par la hr^i Çoffeffion du duché de Limbourg. On ^^;,;^^i^" éîoit convenu de terminer la -querelle

Sar un combat ces deux princes evoient fe trouver , chacun à la tête de quinze cents chevaliers : le comte spicu. tom^ 8c trois de fes fils y perdirent la vie & la viâoire , dont le duc fut rede- vable à la bravoure des chevaliers François. On met Tarchevêque de Co- logne au nombre des prifonniers qui furent faits en cette célèbre journée : ce qm prouve que fur la fin du trei- zième uecle , les eccléfiaftiques , mal- gré tous les foudres de l'Eglife, n*a- voient pas enccn-e abfblument renoncé à la profefiion des armes. Quelques années après (a) , la réconciliation de ces deux illuftres maifons fe fit par le mariage du 'fils du comte avec la fille do vainiqueur.

La giierre cependant fe faifait en A^f^res de Sicile avec la même diverfité de fuc- ^ '''^^• ces , que dans le Rouflillon & la Cata- nîcoi. rpecur. loene. De part & d'autre on prenoit . apîi*^ ,MÛrî«r on perdoit des villes. Le comte d Ar- spicii. tom* lois, régent du royaume pendant la^'^ '^^^ prifon du roi Charles , avoit fait ar- mer quarante vaiffeaux : il en donna

ï4 Histoire de FrancI^ le commandement au comte d'ÀvelIi de la maifon de Baar. Ce feignear p; rue à la vue d'Agofta , au moment qi les habitants en (octoient , pour : rendre à la foire de Lentini : la vil fut furprife : le château capitula que qnes jours après. Dom Jayme étoit Meffîne , lorfqu'il apprit cette fâche u nouvelle : il fe mit en chemin , 1 onzième , pour aller donner des o dres à Catalane , l'on craignoit i foulévement en faveur des Françoi: démarche imprudence y qui le livre au pouvoir de fes ennemis , fi le dét chement envoyé pour le furprendr< n'eût été lui-même furpris. Aufll-tot fut réfolu d'affiéger le comte jufqu dans fa nouvelle conquête. Doria me re fur fa flotte : Dom Jayme dans mème-tems s'avance à la tète d'i corps confidérable de ^fes troupe] Agofta eft attaquée par terre & p mer.

Le monarque Sicilien apprit fur c entrefaites , que la maifon d'Anj* avoir de fecretes inteUigences da Marfale : il y envoya une forte gari fon pour enfipêcher toute furprife. précaution etoit néceilaire. fiien-i Henri de Mari , amiral des Napc

P H 1 1 1 p p 1 IV. i> tains » fe fie voir à la haurettt de cette ville : mais $ appercevaoc (^e fes pco* jets étoienc découverts , il fe recira fans rien entreprendre. Doria le pour- foivit jafques dans le port de Naples , le défiant aa combat d'une manière infultante ponr les François. Ceax^ci trop fenfibles à loutrage , peu ef&aycs du malheur de Charles qu*ctne pareille imprudence avoit perdu , appareillent i la hâte foixante^dix vaiflèaux , & fe mettent en mer fous les ordres de Charles Martel > fils aîné du roi pri* fonnier. On prétend que te comte d'Arrois écoic aufiî de cette expédia tion. Philippe comte de Boulogne ^ fils du comte de Flandres , Gautier de Brienne y & Gai de, Montfoit futvi^ rent rezemple* L'aâion fut vive , opi**^ niâtre , fiiDglante : mais enfin la vic- toire demeura au générai Sicilien. It fe faific de quarante galères, obligea les autres de prendre la fuire , Se fît quatre mille prifonmers > qui tous fu« rent rachetés, à la réferve de Mont- fort , qui mourut dans la prifon , vic- time de ta haine du roi d'Angleterre dont il avoit afraffiné le coufin ger- main , Henri d'Allemagne. On aflure que Doria auroit pu s'emparer de ihr

-.11? MisTomB DE Prancé;

pies , s'il eut voulu profiter de la cont. ternation publique \ il fe laifla ébbuic à l'éclat de 1 or , reçut une grofle fom- me 9 & conclut une trêve fans la par« ticipation de fon maître. Quelques courcifans jaloux de fon mérite > etv cote plus de fa fortune , crurent l'oc- cafion favorable pour le perdre dans Tefprit du monarque : mais Procida qui avoir grand crédit dans le confeil , parla fi vivement en fa faveur , qu'il empêcha de procéder contre lui.

Le comte d'Avelli étoit toujours afiiégé dans le château d'Agofta. Déjà, les vivres commençoient à lui man'* quer : bien-tôt il fut réduit à la plus cruelle difette. La nouvelle viâoire de l'Amiral Sicilien ne lui laifibit aucune cfpérance de fecours: il fe rendit pri- fonnier de guerre, avec toute fa gar- nifon. On avoir une fi haute opinion de l'habileté de ce général , que paut le délivrer , le confeil de régence coa- fentit a céder Ifchia » forterefiè impor- tante , d'où les ennemis pouvoient ran- çonner tous les vaiffeaux qui fortoienc du port de Naples. , Dom Jayme , encouragé par ce fuc- ces , fit une defcente dans la Calab.re , s'empara de toutes les villes qu'il trou^

Philippe IV. \y

Va fans défenfe , & finit par échouer devant Belvédère. Cette place avoit pour gouverneur un brave François , auffi habile ingénieur que grand capi^ taine , nommé Roger de Sahguinet : il défola les afficgeants par les pierres qu'il ne ceflbit de lancer avec its ma- chines. Malheureufement il avoir deux %\s prifonniers dans le camp ennemi. Doria , homme de Tang, propofa de les faire attacher a l'endroit on ces pierres romboient en plus grand nom- bre : Dom Jayme , plus barbare en- ' core y fuivit ce confeil fanguinaire , fans autre précaution que d'en faire donner avis au père de ces deux infor- tunés gentilshommes. Sanguinet ba- lança quelque- rems entre la tendreflè Sp le devoir : mais enfin le fervice do prince l'emporta : il ordonna de con- tinuer i tirer du même côté. Un de fes fils fut afTomm^ , l'autre eut le bon* heur d'échapper â cette grcle meur- trière. Le cruel monarque obligé de lever fiége , eflfaya , s'il étoit poffible , d'effacer une tache fi hdnteufe : il ren- voya au commandant François celui de fes enfants qui ne devoit la vie

3u'â une efpéce de miracle, & le corps e celui que fa barbarie avoit expo£e à

'*ï8 HisTeiRB DE France,

une more certaine. De-là il s'avance vers Gaëce , il avoir un grand parti » furprend le fauxbourg de la Meule » qu'il livre au pillage , & fortifie, fon camp , réfohi de n'en point fortir , qu'il ne foit maître de la place. Bien^p t-ot néanmoins , affiégc plus qu aflîé-» géant , il fe voit enfermé entre la ville ôc larmée du comte d'Artois, qui vint camper à cent pas de luL Onfe prép^-- roitdepartSc d'autre^àunefangknce bataille , lorsqu'on reçut la nouvelle , que la paix étoit conclue entre les rois d'Aragon Se de Naples. Il eft befoin de reprendre les chofes d'un peu plus haut. Le roi d'An- Le Toi d'Angleterre avoir été mande hommage au ^î^ France »pQur y faire hommage des Roi rmauvai- poflèffious qu'il tcuoit de la couronne* piû^TJioywt Docile à l'ordre de fon fouverain , il fe xendir. d'abord dans le Ponthieu , en- fuite d Amiens , puisi Paris , il fut traité fplendidement. Il aûxfta au par«- lement qui fe tint après les fètes de ^sp^îciu^tom pAq^^ç . çj^g^ y mercredi de la fe-

maine de la Pentecôte {a) , dans une falle près du palais , il parut au pied du trône dans l'équipage d'un vaiTal ^ & fe reconnut fujet du feigneur Roi ^

ia) Anu. H87. - .

Philippe IV. 19

pour les terres qa'il poiïédoit dans le royaume. L evcque de Bath & de Wells porcoic la parole , & dit aii nom de fon maître : »> Sire , tof de Fraiure , le roy Rymer afi. » Henri , père de notre feigneur le roy pi«t:i?& l' •* d'Angleterre , fit certaines deman- ^ » des au roy Louis votre ayeul , fur ^ M lefquelles fut fait un traité tie paix » entre eux. Henri , fuivant cette con- yention 3 fit hommage non-feule- ^ ment de l'Aquitaine , mais encore M des provinces qu on s'étoit engagé de lui remettre par cette même paix. M Le Roy mon feigneur quieft ici pré»- » fent , rendit les mêmes devoirs au »> roy Philippe .votre père , fous les mêmes conditions. Cependant , fire, le traité n'a pas été fidèlement ob^- M fervc. Or quoique par raifon , com^' me il eft avis i pluheurs de fon con- M feil , il pût débattre cet hommage y M néanmoins il ne veut pas aâruelle- » ment entrer en difpute fur ce fujet , M fi vous lui Élites , comme bon fei- ^.gneur» la paix entériner , & toutes lurprifes ôtec Se amender. Je de- » viens votre homme pour les terres » que je tiens de vous en-deça de la M mer » félon la forme de la paix , qui » fut faite entre nos ancêtres **.

. ' 10 HlÔtÔlRB DE FrAME ,

Mîft. d'Angi. M Ceft ici , dit Rapin Thoyras î ?!'"î?*i4.iî; »» une matière importante , qui eut de M grandes fuites dans un autre tems. M II n'eft pas diffidie de s'appercevoir n qu'en cette occafion , Edouard vou* 9> lut ménager les expreflîons , pour ne M pas trop s'engager dans une circonf- »> tance k cour de France fe trou* M Voit au plus haut point de profpé- » rite. Il ne s'explique qu'en termes » généraux , fe réfervant de faire va- 9$ loir dans des conjonâures pfus favo- M rables Ces prétentions fur toutes les w provinces enlevées à fa maifon par M les prédécelTeurs du Roy régnant. »i Philippe ,^joute-t'il , fe croyant fans n doute en droit d'interpréter ces mè^ M mes termes à fon avantage , voulut » bien recevoir l'hommage avec cette »• obfcurité^fFeftée «. On foufcrit fans MÎÎii^dM^- P®^"® ^^^^ "" célèbre Académicien â fom*'7^'^ ^ l'eftime que le public témoigne pour njl '^' ^* l'hiftoire de ce François réfugié. Le ftyle en eft clair , naturel , coulant : les faits y font préfentés avec ordre : on y trouve des réflexions fenfées » quelquefois même de l'exaâitude. Mais fon animofité contre fa patrie , qu'il ne ha'iïlbit peut-être que parce qviû la regrettoit , le jette fouveiu

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<Ians des prévarications honteufes ^ que rien ne peut excufer , ni juftifier. Ce n eft point négligence , ou igno- rance : c'eft une mauvaife foi réflé- chie.

I^apin a connu le recueil de Rymer t c*eft , de fon propre aveu , la publica- tion de ce grand ouvrage, qui Ta en- gagé a entreprendre le lien : îl a fait des extraits de prefque toutes les piè- ces qu'il renferme : il cite même le fameux traité les prétentions d'E- douard font amplement détaillées : mais pour avoir occafion de les éten^* dre à. toutes les provinces confifquées fiiir le roi Jean , il renverfe malicieu- fement Tordre des rems , & le fait précéder Thommage. CeJui-ci nean- RYmer.îbi moins eft conftamment du mercredi ^ ''^' delafemaine de la Pentecôte 1187 ; celui-là eft du mois daoût de la même année (a). Çeft trop peu dire ; pour ne mettre aucune borne aux proteftations de fon héros , il ne craint pas de le peindre fous les traits d'un «fourbe >

C) Le Daniel eft tombé dans la même faute [ tom. ç. p. 8. ] : fanf doute qu'il n'avoit pas con- iiiUé le recueil de Rymer, qui n'ctoit pas alots fort commun en France. Cela méritoit aiTurément une obfcrvation de la parc du nouvel éditeur de ce cé- lèbre hiilocicn*

bid.

44 Histoire de Franck , 9, de fes demandes , nous décIarofiS >, authentiquemeiit par ces préfentes, i> que notre mcencion eft que ladite 9, paix foit obfervée dans tous fes ar« ,5 rides. Ceft pourquoi , i*^. nous lui yy abandonnons toute la direâe que notredit ayeui avoit & cenoit dans y, les villes & diocèfes de Limoges , de )> Cahots & de Perigueux , fauf rhom- fy mage de ceux qui font exceptés par ,, la convention d'Amiens, faut encore iy tQUC ce que nous ou nos prédécef* iy feurs pouvons avoir acquis depuis 9, dans tes fufdites provinces > par ^y achat , donation , ou autrement. 1®. Nous lui cédons de même tout y y le temporel & toute la mouvance yy de la partie de la Saintonge > qui efl: au-delà de la Charente , avec toug les fiefs & arriere-fiefs qu'y pofledoic autrefois le comtç de Poitiers, ceux yy mêmes que notredit ayeul avoit au yy tems de la prenûére paix dans les yy villes 8c diocèfes ci-deflus nommés. S'il s'en trouve quelques - uns que yy nous ne puidions pas lui remettre, nous lui ferons échange avenable , yy au dire de pri^des hommes. Pour ce yf qui regarde le château de Paraco/Up »p avçç toutes fe$ dépendances , nous

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^lai fournirons un vadàl , qui le tien- 3 dra de lui , ôc fera obligé de lui obéir , comme àîbn feigneur , fauf le droit , d autrui, j ^'.Une chofc nous arrêtoir, , & fembloit former une difficulté , infurmontable , le roi d'Angleterre y prétendoit que la terre pofTédee dans », le Querci par le comte de Poitiers , , étoit compcife au nombre des pro« , vinces qu'on devoir lui reftituer ; .3 attendu qu'il n'avoit pas tenu au roi , fon père , qu'on ne fit les informa- , rions prefcrites par le traité de paix, , & que fes témoins étoient morts 3 pendant les délais qu'on y avoic apportés. Nous foutenions au conr , traire , que le duc d'Aquitaine n'y , avoir aucun droit ; que le feu roi » , notre feigneur & père , ni fes gens» n'avoient formé aucun obllacle aux éclairciflements qu'on avoit exigés ;

3u'ils avoicnt été conftanunent trè^ ifpofés 9 que nous étions nous* mêmes toujours prêts à lui faire droit fur cet ariicle , $il pouvoir prouvée la légicimité de fes préten- tions. Enfin , par l'avis des gens de bien Se des feigneurs , nous lommes convenus de ce qui fuit : Nous , Philippe , promeccoasde payer audic Tome Fit B

'iS Histoire de Françî, ^y roi d'Angleterre & à fes hcrîcîer^; 9, une penuon annuelle de trois mille livres tournois {a) , que nous nous ^, obligeons de lui aflurer fiir quelques- ,, uns de nps. domaines. Le roi d*An- gleterre de fon cète , en reconnoif- lance de cette faveur , renonce pour lui &c fes fuccelfeurs'à routes de^ jj rtiandes ultérieures , nous remettant 3, à perpétuité le fief de Querci , & ^, tout le droit qu'il y a , ou qu'il y 3, avoît. 4^. Quant aux domaines fur 3, lefquels cette jente fera aflîgnée , le ' 3, roi d'Angleterre les tiendra de nous 3, & de nos fuccefleurs, ainfi que ceux ^, que nous lui cédons par cette tran- 5, (aftion y fous le même hommage lige , ,, fous lequel il tient la terre de Gaf- 3, cogne , & toutes .celles qu'il a , ou ,j qu'il aura dans le royaume en vertu àt$ fufdites paix **. Grâce ac- Telle fut U'conclufion de cette gran- "^^^::^:.t <^ô ^^^^^ décidée fous faint Louis , exé- cutée en partie fous Philippe- le-hardi , confomméè enfin fous Philippe-le-beK Ce grince venoit de favorifer Edouard», en lui accordant plufieurs chofes qu'il

{a) Non fijr mille , comme le dît Rapin Thoyrâsri e^ exagère ioupaT$ , Ipcfau*!! s'agit de quelque pré- teatioade rAûglecerre vis iyU de la France, j

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ii^avoit pas droit d'exiger : ce qui fie mettre pour titre à 1 aâ:e qui en fut ex- pédié , grau faitt au roi d^ÂngUUrn^ Le monarque , par fes lettres patente* datées du mois.de Juillet [ \x%6'\ , Rymer.îbid) confent que les terres pofledées par le ^^^'^ duc d'Aquitainie dans le royaume de France , ne puillènt être coîififquces , ni pour jugement injufte , faux , nmu* vais , ni pour déni de juftice. Il pro- met de plus' de renvoyer les parties appeliantes au fénéchal de Guienne p & s'engage a lui donner trois mois « pour foutenir , ou pour réformer fes arrêts : conceffion néanmoins qui ne doit avoir lieu que pendant la vie d'Edouard , après quoi les chofes re^ tourneront dans leur premier état.

Le monarque Anglois employa près Trêve eatre de fix mois à cette négociation. Elle ne j?Afagon*pfr fut pas plutôt terminée , qa'il fe rendit la médiation a Bordeaux , il tint un grand parle- ^i^'^J'^ ment ,»j& reçut divers envoyés de Caf- tille , d'Aragon 8c de Sicile : ce qui caufa quelques allarmes à Paris. Mais il n'avoir alors que des vues pacift-

3ues : tout l'obfet de fes* defirs étoit e procurer la liberté de Charles II » furnommé le boiteux , fils aîné de Charles d'Anjou » roi de Sicile » frère

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ti Histoire de Framcb , da faint Louis ^ oucle {a) de Philippe- le-hardi. Le premier de fes foins avoit été de ménager une. fufpenfion d armes entre les couronnes de France Se dA- ragon. Le roi Philippe , vaincu par fes prières , avoit confenti qu'il en (ut le Kymer,îbîa. médiateur : Alfonfe informé de fes démarches officieufes ,n avoit rien eu de plus preflTé que de lui envoyer avec fes ambafladeùrs, Pierre Martin d'Ar- tafone & Jean de Zapata , deux fei- gneurs de fon confeil , pour le remer^ cier de fes offres obligeantes , & lui remettre toute fon autorité. Edouard , muni de ces pleins pouvoirs » eut bien- tôt furmonte toutes les difficultés , & la trêve fut conclue pour un an entre les deux rois & leurs alliés , tant fut mer , que fur terre (^). Négocia- Auffi-tôt il en écrivit au Pape , doni déH^vraCe'dû Philippe avoît exigé Tagrémient. Ho- prince de Sa- norius , c'étoitlenom du pontife , lu; répondit avec plus de politefle , qu< Idem ibid. de franchife. Il le loue de ks bonne intentions : mais en même-tems il lu repréfentc qu'il fe charge d une afFairi extrêmement difficile ,